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TOLKIEN VS DISNEY... ET GHIBLI ALORS ?

La récente lecture d’un article sur le clivage culturel entre les fictions de Disney et celles de Tolkien m’ont inspiré l’envie d’introduire une troisième voie… Où est la place de l’animé japonais dans cette histoire ?

Disney et Tolkien : un clivage historique et deux conceptions de l'enfance


Quels point commun entre Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien et Blanche-Neige et les Sept Nains de Walt Disney ? Deux œuvres à destination du jeune public qui ont vu le jour à quelques mois d’intervalle – le roman en septembre 1937, le dessin animé à Noël. Mais la ressemblance s'arrête là (à part peut-être la mise en scène de nains dans les deux histoires!). Dans les années 1930, Disney et Tolkien représentent deux manières antagonistes de concevoir la fiction pour la jeunesse.

D'un côté, le sérieux Tolkien qui s'adresse à l'adulte en devenir à travers l'enfant et dont la production relève plus de l'apprentissage et de l'Art – celui auquel on met un grand A.

Disney, en revanche, s’adresse à l’enfant pour lui-même, individu à part entière et se retrouve à l’avant-garde de l’avènement des fictions récréatives. Il ne prétend rien offrir d'autre à ses spectateurs qu'un antidote à la brutalité du monde.

D'un côté le raffinement, de l’autre la vulgarité ? Les humanités contre le spectacle ? Au final et aujourd'hui, cet antagonisme qui a façonné la "mauvaise"réputation de Disney dans les milieux éducatifs l'a laissé gagné la guerre puisque les deux premiers volets des Chroniques de Narnia ont été produits par Walt Disney Pictures et le troisième par 20th Century Fox, désormais propriété de Disney.


Et l’animation japonaise alors ?

Tout d'abord, éléments de langage... De quoi parle t-on ? L’animation japonaise se désigne par un nom spécifique : les « animés ». C’est le mot utilisé par les japonais pour qualifier tous les dessins d’animation indépendamment de leur nation d’origine ; à l’inverse, en dehors du Japon, « animés » désigne les productions spécifiquement japonaises.

Et c'est vrai que l'animation japonaise a ses spécificités bien éloignées parfois de Tolkien et de Disney.

Une des caractéristiques du cinéma d’animation japonais est d’avoir utilisé l’animation presque immédiatement pour les adultes. En Occident, l’animation a longtemps été considérée comme un cinéma présentant peu d’intérêt ; et lorsque les grandes industries comme Walt Disney se sont développées, elles s’adressaient en priorité aux enfants. Les japonais n’ont pas la même approche, l’animation est considérée comme un genre cinématographique à part entière qui s’adresse à l’ensemble de la population. Ainsi si certaines productions peuvent s’adresser aux enfants, une grande majorité des animés reste destinée aux adultes.

Autre spécificité moins réjouissante mais logique au vu du public adulte de ce cinéma d'animation, la représentation des femmes dans les animés japonais. Difficile de parler des femmes dans l’animation japonaise sans évoquer leur érotisation XXL. C’est une caractéristique spécifique au cinéma japonais car les femmes sont rarement érotisées dans les films d’animation occidentaux.

Cet aspect de l'animation japonaise ainsi qu'une production industrielle au détriment parfois de la qualité ont ont contribué à la mauvaise réputation de l’animation japonaise dans le monde. C'est pourtant le champ d'expression d'un cinéma d’auteur bien spécifique que l'on ne retrouve pas ailleurs. Les réalisateurs ont un rôle très important au Japon. Ils sont considérés comme de véritables artistes, et ils jouissent d’une très forte notoriété. Leur situation est diamétralement opposée à celle des réalisateurs d’Hollywood, où ils sont souvent éclipsés devant les maisons de production. Par exemple, en parlant de La Princesse et la Grenouille, beaucoup de personnes répondront que le film a été produit par « Disney ». Mais peu de personnes pourront dire que les réalisateurs sont John Musker et Ron Clements. Au contraire, le cinéma d’animation japonais est un cinéma d’auteur. Certains animateurs sont même considérés comme des « Maîtres » : c’est le cas de Miyazaki, Tezuka, ou Otomo.


Conclusion, que regarde t-on avec nos yeux d'enfant ce soir : Le seigneur des anneaux, Nemo ou Le tombeau des lucioles ?


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