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DU STREET ART AU MERCHANDISING... PARCOURS D'ARTISTE


Aujourd’hui nous partons à la découverte de l’univers d’un jeune artiste américain dont l’œuvre icônique nous parle peut-être plus que son nom.


Kaws, de son vrai nom Brian Donnely, est un street artiste new-yorkais qui a imprimé sa marque de fabrique sur la scène de l’art contemporain grâce à son petit personnage aux allures de cartoon. Ancien graffeur et skateur, Kaws est un véritable touche-à-tout (dessin, sculpture, peinture, mode, musique…) qui défend un art populaire et accessible à tous. Les figures iconiques du monde du cinéma et de la télévision sont ses principales sources d’inspirations. Reprises, trafiquées et transformées, elles deviennent des figurations des conséquences de la société actuelle



L’art de la rue

Kaws trouve son style dans les années 90 et les rues de sa ville où il graffe son nom en grandes lettres colorées. Un style et surtout une icône se matérialisent alors sous la forme de Skully : un crâne de pirate, dont les os dépassent et forment comme des oreilles, et des croix pour les yeux. New York toute entière se colore des petits monstres de l’artiste. Les affiches publicitaires vendant beauté et richesse sont coiffées du crâne de l’artiste, ce qui lui permet de dévoiler la fausseté et l’illusion que montrent ces affiches. Kaws voyageant beaucoup, ses tags se retrouvent aux quatre coins du globe, de Paris à Londres passant par Tokyo. D’ailleurs, selon une légende urbaine, ce serait le célèbre artiste du street art Barry McGee qui lui aurait donné les clefs pour ouvrir les panneaux d’affiches publicitaires à New York !



L’influence du pop art

L’univers de Kaws est baigné par le pop art. Kaws utilise la pop culture car elle est compréhensible par tous. Ainsi le message percute plus vite et provoque immédiatement des émotions. Il s’amuse à reprendre et décliner à l’infini les mêmes figures. Bob l’éponge, Hello Kitty, les Simpson, Astro Boy, Les Schtroumpfs et Mickey sont passés sous le coup de crayon – ou de couteau de l’artiste. Après avoir été diplômé de la School of visual Arts en 1996, il est recruté chez Disney. Brian Dennely participa aux films de ce géant de l’industrie cinématographique. Il contribue au dessin animé peu connu Doug et Doria, mais plus anecdotiquement, sur le fond de scènes des 101 Dalmatiens !

La collaboration avec Disney n’a pas été anodine. En effet, la référence à Mickey dans son personnage Companion est évidente. Hormis le crâne de pirate, le corps au ventre arrondi, la salopette à grosses boucles et les mains surdimensionnées gantées évoquent la célèbre souris hollywoodienne.

C’est avec sa reprise de la couverture d’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, créée en 2005 et vendue en 2019, que sa notoriété se retrouve au sommet. Kaws mélange les personnages de la pochette du groupe de musique aux personnages de la série les Simpson, maintenant dénommée Kimpson.


De la galerie à la boutique

Le rapport à la société de consommation est indéniable dans les œuvres de Kaws. Il y a une véritable transformation de l’objet du quotidien en œuvre d’art. La différence minime entre l’art et l’objet du quotidien rend son art facile d’accès. Kaws fasciné par la culture et l’art japonais part à Tokyo. Là-bas il découvre l’artiste plasticien Takashi Murakami, ainsi que Nigo, directeur de l’entreprise Ape Bathing.

De cette collaboration naît une série de peintures appelées Package Paintings. Sur des toiles de 40 x 40 cm, il utilise les icônes animées de la télévision, le Companion, le Chum et d’autres qu’il présente sous un véritable packaging en plastique. Ces œuvres « sous vide » ressemblent littéralement aux produits vendus dans les supermarchés.

Partant de cette réussite, Kaws est allé plus loin. En effet, l’artiste se lance dans la fabrication de jouets avec l’entreprise Medicom. Ses petits personnages de papier prennent maintenant vie dans une usine 3D. Signées de la main de la main de l’artiste les figurines deviennent des petites sculptures d’art et passent de la galerie à la boutique

Dans l’idée d’un art porté par le quotidien, Kaws explore d’autres supports artistiques. Avec son partenaire habituel Nigo, l’artiste new-yorkais crée une boutique, une sorte de Pop up Shop, nommée avec ironie, « Original Fake ». Le Chum, le Skully, le Companion, sont déclinés à l’infini ayant pour seule contrainte l’imagination de l’artiste. Ces personnages et dessins se retrouvent sur des tee-shirts, des baskets, des sweatshirts, des écharpes, des tasses, des affiches, et même des porte-clefs et tapis de bains ! Par le merchandising, Kaws a trouvé un moyen d’intégrer son art à la vie de tous les jours. Ainsi, il mêle directement l’art aux biens de consommation, il n’est plus seulement un artiste ou un créateur d’images mais bien un créateur d’objets du quotidien.

Chemises Original Kaws, Collection 2013, Original Fake


Dès lors, de nombreuses marques célèbres lui ont proposé des collaborations, les mêmes marques qu’il avait auparavant raillées ! Elles sont devenues littéralement sa matière première. Nike, Diesel, Marc Jacobs, Vans, Uniqlo, se sont à nouveau parées du célèbre crâne, de façon officielle cette fois-ci.

La mode n’est pas son seul terrain de jeu.Kaws se rapproche également de l’univers de la musique. En 2008, il imagine la pochette de l’album 808s & Heartbreak du célèbre rappeur Kanye West !Kaws est un artiste qui joue et s’amuse avec ses différentes collaborations. Il appose avec humour sa marque et ses crânes de pirate sur tout ce qu’il touche.



Un artiste dans l’ère du temps

Pour concilier le confinement avec les différentes structures artistiques, la culture s’est tournée vers les nouvelles technologies, notamment la réalité virtuelle. Comprenant l’importance du numérique dans cette nouvelle ère artistique, Kaws a pris les devants. Pendant la quarantaine, l’artiste new yorkais a créé la première exposition virtuelle. Avec le partenariat d’Acute Art, Kaws a sorti une application nommée EXPANDED HOLIDAYS. La réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (RA) permettaient aux utilisateurs de retrouver le célèbre Companion dans 12 endroits spécifiques dispersés à travers le globe. La Pyramide du Louvre à Paris, Times Square à New York, le Millennium Bridge à Londres, l’observatoire Wheel à Hong Kong, ou encore, le parc Ibirapuera à Sao Paulo se sont retrouvés animés d’un petit Companion. Le personnage flottait dans l’air au milieu de ces lieux iconiques

Kaws, EXPANDED HOLIDAYS, 2020, Acute Art


Artiste à l’aise avec son temps, baigné dans le street art et la pop culture, Kaws est aujourd’hui un artiste phare de la scène artistique et mondialement connu. Les expositions, événements et ventes autour de ses œuvres attirent un public toujours plus conséquent. Une colossale exposition rétrospective a d’ailleurs eu lieu à Melbourne en 2020 à la National Gallery Victoria et le Brooklyn Museum en prévoit déjà une autre pour 2021.


En voulant s’intégrer à la vie quotidienne, l’art de Kaws a dépassé les supports traditionnels pour aller directement s’installer sur nos vêtements. Grâce au merchandising de ses créatures et figurines 3D, Kaws a brouillé la limite entre œuvres d’art et biens de consommation dépassant ainsi son rôle de témoin du consumérisme pour en devenir un agent actif.

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