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Graphisme Print & Web

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OPPORTUNISME, ACTE SOCIAL ET PAROLE DECOMPLEXEE

De nombreuses campagnes marketing et publicitaires ont jalonnées cette fichue année 2020 au gré des décisions gouvernementales et de l'évolution sanitaire et économique des pays.

Certaines nous ont fait sourire – ce qui était déjà beaucoup et nécessaire ; d’autres nous ont émus – et il est avéré que les équipes marketing sont particulièrement douées pour jouer sur notre corde sensible ; d’autres encore nous ont agacés – voire pire au vu de certains commentaires – en surfant sur la mode et la récupération.

Et finalement nous avons ressenti tout cela à la fois pour la plupart des campagnes publicitaires que nous avons croisé sur les réseaux sociaux. Mais cette richesse 2020 de la communication visuelle a aussi alimenté et relancé le débat sur le savoir-faire, la place et la responsabilité du design graphique dans le paysage visuelle.



L'utopie de l'acte social gratuit

Lorsque Ikea fait une vidéo pour informer, communiquer et alerter sur les violences faites aux femmes en utilisant ces cuisines comme cadre visuel, certains crient à la manipulation, à la récupération, d’autres ne voient que le côté altruiste de la démarche et la vérité est peut être entre les deux.

La notoriété des grandes marques peut aussi servir de grandes causes. Et ces dernières l'ont aussi bien compris. Elles ont elles aussi appris à user des codes de la communication et du marketing, à s'approprier les principes de posture et de branding. La manipulation a fait place à la contrepartie (ou sur un mode plus bisounours... à la collaboration marketing).

Le graphisme peut encore être un acte social (et doit toujours être) mais cette utopie d'un monde où l'homme est en mesure de faire quelque chose "gratuitement" a sans doute définitivement cédé.



La parole décomplexée

Une chose a cependant changé et marqué cette année 2020 en termes de communication

Pour la première fois, la parole des grands acteurs marketing s’est littéralement lâchée et s'en prend - même s'ils s'en défendent - aux décisions gouvernementales.

Faut-il s'en inquiéter à l'instar de Géraldine Woessner, journaliste au Point, qui résume : "Quand la grande distribution ridiculise le gouvernement dans une campagne marketing (brillante, par ailleurs), on peut se dire que ça ne va pas fort".

Faut-il se réjouir de voir la parole se libérer que ce soit pour dénoncer des décisions d'Etat, pour attaquer le concurrent ou au contraire faire front commun avec lui.

Tout va mal ? Tout semble surtout changer !



Ce faire savoir qui accompagne le savoir-faire

Seule certitude (et encore !), nous sommes dans l'oeil du cyclone sans le recul nécessaire pour dire si nous sommes réellement dans un tournant en termes de communication .Ce qui ne nous exonère pas de réfléchir et d’alimenter le débat.


Déjà, en 1987, Gérard Paris-Clavel s’interrogeait sur la responsabilité du designer graphique face aux contenus qu’il manipule… ce « faire savoir qui doit accompagner le savoir-faire » (Graphisme : langues et plumes ! Moi d'abord - Avril1987).


A ce sujet, je vous invite à lire le dernier numéro de Graphisme en France - "Ecrire le design graphique" car projeter de belles images, imaginer de percutantes campagnes publicitaires ne nous interdit pas de réfléchir.

© 2020 by  Atelier Mady.  Thanks El gato de la muerte

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