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GENERATION COVID ?


Comme promis dans le post du 21 mai dernier, voici la suite des interviews réalisés et montés par Félix ; interviews qui donne la parole à Salomé et Ziggy pour décrire leur confinement à travers 5 thèmes : une couleur, un son, une image, un objet, un mot.



Ziggy entre poker et Harry Potter



Salomé en famille



Du sida au covid : même combat ?


C'est aussi l'occasion d'évoquer cette notion de Génération Covid qui commence à émerger. Dans l'histoire humaine, tous les moments de crise et de guerre ont fait émerger des générations si profondément impactées qu'elles ont été conduites à remettre en cause leurs aînées soit pour avoir mener la société au désastre, soit pour n'avoir pas su relever le défi qui se présentait.


La première et la seconde guerre mondiale ont eu cet effet. L'épidémie de sida aussi. Je fais personnellement partie de cette dernière et, l'année de nos 20 ans, nous n'avons pas seulement appris à utiliser des capotes mais nous avons aussi brutalement appris la discrimination sexuelle. Et il a fallu de nombreuses manifs, se battre même pour certains, pour qu'une partie de nos amis ne soient pas morts pour rien et que les autres qui restaient ne restent pas au ban de la société.


Il est donc légitime de se poser la question si la crise sanitaire actuelle peut déboucher sur une génération en rupture telle qu'elle remette en question les élites dirigeantes.



Une génération en apparence préservée


Si l'on s'en tient aux conséquences sanitaires de la pandémie, les jeunes sont pour l'instant plutôt préservés. Moins sensibles au virus, ils peuvent donner le sentiment d'avoir surtout profiter positivement de ce temps de confinement. D'après les premières études, c'est un sentiment partagé par la majorité d'entre eux plus inquiets pour leurs proches que pour eux-mêmes. Mais il ne faudrait pas oublier les effets dévastateurs que pourraient produire la culpabilité ; celle qu'ils peuvent ressentir mais surtout celle que nous pourrions faire peser sur leurs épaules.


Mais le point de vue des jeunes pourraient bien changer si, les semaines et les mois passant, il s'intéressent plus aux conséquences économiques et sociales de cette pandémie. Les experts s'accordent à dire qu'ils seront les premières victimes sociales de cette crise. L'interruption des cours doublée des difficultés scolaires ont fait perdre le chemin de l'apprentissage pour bien plus qu'on ne le croit. La dépréciation des diplômes 2020 sur un marché du travail marqué par la récession économique et le chômage. L'entrée des jeunes sur le marché du travail ne sera pas facile.




Une génération sacrifiée


Il n'est donc pas interdit de penser que les choix politiques pris pour enrayer l'épidémie soient remis en question par une génération qui devra aussi en payer le prix. Pourtant, ce débat n'a pas encore lieu d'abord, parce qu'il est encore trop tôt mais aussi parce que pas grand monde ne veut l'aborder. Le cynique calcul qui consiste à mettre en balance la santé physique des personnes les plus âgées et la santé économique des personnes les plus jeunes ne peut pour l'instant être énoncé. Et s'il l'est, il fera sans doute des ravages non seulement en termes de rébellion mais aussi en termes de culpabilité.


La question que nous, issus de la génération sida, pourrons alors nous poser est la suivante: le prolongement coûte que coûte de notre vie jusqu'à l'immortalité a t-il réellement plus de sens que la poursuite de la vie elle-même ? Ou plus brutalement, avons-nous fait des enfants pour les regarder mourir socialement ?




Un grand merci à Félix, Julie, Yanette, Salomé et Ziggy pour leur participation.


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