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ARRETEZ LE MONDE, JE VEUX DESCENDRE


Dans la grande agitation de mots et d'actions face à l'urgence, de plus en plus de voix - et de propositions graphiques - s'élèvent contre les premières formes de réponses installées en un tour de main pour répondre aux exigences sanitaires de réouverture des établissements et services.



Peut-être faut-il commencer par le langage et par la vigilance au vocabulaire employé. Car avec la distanciation sociale, c'est tout un malaise qui s'installe où nous devenons étrangers à nous-mêmes comme aux autres.



De la distance au rejet, le poids des mots


Commençons par le rappel de quelques définitions. Selon le linguiste Fabrice Jejcic, ingénieur de recherche au CNRS et spécialiste de l'orthographe du français, l'expression distanciation physique, qui évoque une forme d'éloignement spatial ou temporel, se comprend, dans le contexte actuel, par la protection de soi-même et de l'autre. Une expression neutre et mesurable et un bonheur imaginatif pour les designers.



En revanche, l'expression distanciation sociale peut être sujette à de nombreuses interprétations. Elle est relative à la vie humaine en société, aux relations entre ses membres, leur organisation en groupes. Fortement connotée, c'est une expression qui peut avoir des significations discriminatoires de conditions de vie, d'âge, de sexe, de degré d'instruction... La distanciation sociale oppose les personnes en se concentrant sur leurs différences et en induisant des inégalités.



"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde" - Albert Camus


C'est là que réside toute l'importance des mots employés pour exprimer une situation mais aussi - revenons à notre champ graphique - une demande. A demander aux designers de représenter graphiquement la distanciation sociale, on n'obtiendra que panneaux anxiogènes et signalétiques discriminantes dans un monde technologique, certes sans contacts physiques, mais comme nous le rappelle encore une fois Houellebecq, dans un monde où "l'épidémie de coronavirus [a offert] une magnifique raison d'être à cette tendance lourde : une certaine obsolescence qui semble frapper les relations humaines".


Le tout nouveau avatar FaceBook ne craint pas les rapprochements physiques



La poésie du panda


Ne cédons pas à la panique. Il est peut-être temps de persister dans la voie du recul et du silence pour apprendre à poétiser cet éloignement physique que nous devons même temporairement suivre. Le suggérer sans l'imposer mais ne surtout pas défaire le lien social à entretenir au risque d'être sortis mais pas vraiment ; sortis mais tristes, un peu humiliés et toujours captifs et muselés.


Même si FaceBook vient de sortir un nouvel avatar que tout le monde s'empresse d'utiliser (lui, au moins, n'est pas obligé de porter un masque...), c'est aussi dans le visage de l'autre même masqué, dans son regard que nous survivons.



Galerie d'initiatives locales et d'appels d'offres réussis qui laissent espérer que nous sommes encore capable d'en pleurer de rire

Un restaurant utilise des peluches de panda pour éloigner les personnes à table


Le Studio 5•5 imagine la signalétique d’un Paris déconfiné

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Saguez&Partners affiche les gestes barrières avec poésie

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Une idée toute simple et si belle d'une enseignante pour ses élèves



L'article de Houellebecq est disponible sur SCRIBD


Les affiches de Saguez&Partners sont disponibles en téléchargement gratuit sur leur site



#deconfinement #interview #distanciation #graphisme #designer

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