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DIALOGUE(S) AVEC L'ABSENCE

M’accordant une petite pause estivale dans la gestion quotidienne des dossiers clients, j’en profite pour travailler sur des projets plus personnels et réalise, après le visionnage de la dernière conférence de La Condamine sur le statut d’artiste (cf post du 4 août dernier) que je devais aussi m’accorder le temps de me poser la question : et toi, tu fais quoi dans la vie?

RVB - Collection Sky


Du coup, de fil en aiguille, au cours de mes lectures et recherches pour un projet de photomontage, je me suis penchée sur cette thématique de l’absence qui transparaît toujours dans mes travaux personnels à travers deux sujets de lecture : le hors champ et les images hybrides.




Le champ des possibles

La photographie, la peinture, tout comme le cinéma mais même l’art numérique et la sculpture sont délimités par un cadre. On sait qu’au-delà de ces quatre bords, la vie continue, que d’autres choses existent. Le hors-cadre, c’est tout ce qui est extérieur à l’image mais qui, d’une manière ou d’une autre, dialogue avec elle. Hors caméra, ce dialogue échappe à la maîtrise de l’artiste et vient nourrir l’expérience du spectateur.


Sushi - Collection Sky


Mais le hors-champ peut devenir perceptible par des choix d’artiste au niveau du cadrage bien sûr mais aussi par son intervention sur tous les éléments graphiques qui constituent son œuvre. Et quand quelque chose d’absent est « appelé » par un élément de l’image, l’œil peut alors être comme intentionnellement attiré à l’extérieur de l’image, dans cette zone imaginée par le spectateur à partir de ce qu’il voit, dans ce champ des possibles.


Tropic - Collection Color Bridges


L’artiste tente alors de reprendre la main, d’orienter le spectateur vers un dialogue ouvert sur l’inconnu. Le champ de l’image fonctionne alors comme un espace de force et de tension entre présence et absence, dit et non-dit, maîtrise et lâcher-prise.




Les images hybrides

Le phénomène visuel qui se cache derrière les images hybrides se nomme la « résonance visuospatiale ». D’un côté, il y a les stimulis visuels fournis par les yeux et de l’autre, il y a la mémoire de l’observateur. Concrètement, tout se passe en moins de 0.1 seconde. Pourtant, c’est un processus de comparaison itératif complexe qui commence par une vision grossière puis détail après détail va pouvoir arriver à l’interprétation précise de l’objet regardé.


D’un côté, les images à basse fréquence floues de près mais nettes de loin et de l’autre, les images à haute fréquence aux contours très nets avec peu de détails parfaitement vues de près mais disparaissant au loin. Et c’est en combinant ces deux images à la manière de la résonance visuospatiale que l’on peut produire des images hybrides. Cette innovation visuelle est issue des recherches d’Aude Olivia au laboratoire MIT.

Call - Collection Oak


Au-delà du process créatif assez simple à reproduire avec nos logiciels de traitement photo, cette technique interroge surtout sur ce dialogue entre ce que l’on voit et ce que l’on devine. Derrière l’apparence, on peut faire dialoguer l’œuvre avec une seconde œuvre sous-jacente. L’absence vient à nouveau croiser la route de l’œuvre, dialoguer avec la production artistique mais, cette fois-ci dans le cadre même de l’ouvrage.




En art comme en tout, rien ne se produit seul et indépendamment de son environnement. Un échange productif ou non – là n’est pas la question - s’établit toujours entre le champ de l’œuvre et son environnement d’exposition.


Ovni - Collection Color Bridges







Aucune illusion sur notre capacité artistique à maîtriser cette relation par nature incontrôlable. Mais, en tant qu’artiste numérique, j’aime jouer sur ce rapport entre l’œuvre et son environnement et travailler sur ce qui a été et n’est plus, sur ce qui aurait pu être mais n’a pu exister.






Mail - Collection Oak

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