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Design Indaba 2020... 25 ans de design éthique

Fondé il y a 25 ans au Cap par Ravi Naidoo, le festival international Design Indaba s’entête depuis à « rendre le monde meilleur grâce à la créativité ».

Un programme ambitieux, qui place le design au centre des solutions aux problèmes environnementaux, sociaux et politiques auxquels nous faisons face. Année après année, Design Indaba est ainsi devenu un Think Tank réunissant des designers, ingénieurs, chercheurs et intellectuels dont les travaux participent, petit à petit, à dessiner un monde meilleur. Un activisme d’autant plus pertinent qu’il met l’Afrique sur la carte du design mondial. En présentant des créateurs africains parmi ses conférenciers, le festival attire l’attention sur les productions contemporaines et les problématiques concrètes du continent. Une synergie nécessaire tant l’Afrique pourrait être le laboratoire du monde de demain.


Pour son quart de siècle, Design Indaba ne déroge pas à la règle qu’il s’est fixé. De la papesse du design Debbie Millman au directeur créatif du Google Creative Lab, Robert Wong, 19 personnalités sont invités à s’exprimer sur la scène du festival. Parmi eux, Etapes en a sélectionné 6 qui illustrent l’esprit de Design Indaba.


Kinya Tagawa

Après un diplôme d’ingénierie à l’Université de Tokyo et un master en design industriel au Royal College of Art de Londres, Kinya Tagawa a fondé Takram, un studio de design global. Intéressé autant par le design d’interfaces d’applications que par le textile ou la prospection, le studio japonais ne se pose pas de limites. Preuve en est avec Shenu, une série d’organes artificiels permettant au corps humain de conserver la quantité d’eau nécessaire à sa survie. En partant du principe que les ressources en eau seront de plus en plus rares, les ingénieurs et designers de Takram ont eu l’idée de minimiser la perte d’eau inhérente au fonctionnement du corps humain. En résulte une série de 6 organes artificiels allant de l’implant nasal empêchant la condensation liée à la respiration, à un autre permettant de séparer l’urine de l’eau dans la vessie en renvoyant le liquide propre vers les reins.


Ibrahim Mahama

Plus jeune artiste à exposer à la Biennale de Venise à l’occasion du tout premier pavillon Ghanéen, Ibrahim Mahama représente le futur de l’art contemporain. Ses travaux mettent en exergue les aspects les plus complexes et dérangeant de l’histoire de son pays. En utilisant des matériaux communs liés à l’exploitation coloniale du Ghana, il symbolise les dérives du capitalisme occidental. À la manière d’un Cristo, il recouvre des monuments emblématiques de son pays avec des sacs en toile de jute ayant servi au transport de graines de cacao. Imprégnés de la sueur et du sang des ouvriers, ils représentent les vies usées par l’exploitation de l’homme par l’homme et le pillage des ressources du Ghana.


Patrick Thomas

Membre de l’Alliance Graphique Internationale, Patrick Thomas est partisan d’un graphisme social en prise avec son époque. Connu internationalement grâce à son ouvrage « Protest Stencil Toolkit », véritable guide à la production de graphismes contestataires, il n’hésite pas à mettre le doigt sur des sujets épineux. Plus récemment, en avril 2018, il est invité à produire « Breaking News », une installation attirant l’attention sur notre rapport à l’information. Grâce à un algorithme réagissant instantanément aux informations générés par les médias internationaux et locaux, il crée un flux de vraies et fausses informations, tant sérieuses que triviales. Le public, encouragé à réagir à ces informations, réfléchit ainsi à l’impact de ces flux sur nos vies et combien la propagation de fausses nouvelles est aujourd’hui facile et commune.


Bas Timmer

Jeune designer néerlandais, Bas Timmer est à l’origine de la Sheltersuit, une veste et combinaison intégrale destinée aux SDF, réfugiés et personnes démunies. Créé à partir de matériaux recyclés, ce coupe-vent étanche se transforme en sac de couchage et se transporte facilement grâce à un ingénieux système de sac à dos. Distribué dans plusieurs capitales européennes et sur l’île de Lesbos, où transitent un million de migrants chaque année, la Sheltersuit a donné lieu à plusieurs déclinaisons adaptées aux contraintes climatiques des lieux où elle est mise à disposition. Grâce à une demande en constante augmentation, Bas Timmer a créé bien plus qu’une veste. Il a pu employer une cinquantaine de réfugiés et de sans domicile fixe, érigeant ainsi un véritable réseau de solidarité. Bien conscient que la Sheltersuit ne participera pas à éradiquer le fléau du non-logement, elle aura au moins réussi a redonner espoir à des milliers de personnes démunies.


Natsai Audrey Chieza

Originaire du Zimbabwe, la designer exilée à Londres Natsai Audrey Chieza a fondé en 2017 le studio Faber Futures. À l’intersection du design, de la technologie et de la nature, le studio se concentre sur l’élaboration de nouvelles façons de faire du design tournées vers les biotechnologies. En 2018, Faber Futures lance « Coelicolor » un ambitieux projet ayant pour but de révolutionner la teinture textile, très polluante et impliquant une grande quantité de produits chimiques. En s’inspirant de bactéries qui pullulent dans les couches superficielles du sol, les Streptomyces, l’équipe met au point un pigment ayant une consommation d’eau et de produits chimiques considérablement réduite par rapport aux méthodes actuelles de teinture industrielle. Faber Futures ne s’est évidemment pas arrêté en si bon chemin et a depuis mis au point des protocoles scientifiques et technologiques inspirés par ses recherches sur les Streptomyces. Natsai Audrey Chieza et ses équipes démontrent ainsi la nécessité absolue de l’interdisciplinarité dans les champs du design, des technologies et de la science.


Sunny Dolat

Notre connaissance de la richesse culturelle de l’Afrique s’arrête bien souvent à celle de ses grandes capitales. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de mode. Lors de la dernière biennale N’Gola, sur l’île de Sao Tome et Principe, le directeur artistique Sunny Dolat a décidé de remédier à cette carence. Il a alors imaginé une collection à la hauteur de la diversité de l’Afrique. En concevant 56 tenues, inspirées des 54 pays africains et de la culture de Sao Tome et Principe, le designer Kenyan attire l’attention sur des pays généralement en dehors des radars. Membre du collectif Kenyan The Nest Collective, il contribue également à changer le regard sur les cultures LGBTQ+ dans son pays, tout en explorant des questions plus larges concernant la place de l’Afrique dans le débat et les dialogues culturels internationaux.


Design Indaba aura lieu du 26 au 28 février prochain à Cape Town en Afrique du Sud.

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